Présentez votre projet : public, durée, budget, mise en place, fonctionnement…

Lorsque j’étais enfant, chaque année, on tuait le cochon. Chaque ferme avait son cochon et le cochon mangeait tout les restes des familles. On donnait même à boire au cochon l’eau de rinçage de la vaisselle, qu’on appelle « l’eau grasse ».

 

Qui est à l’origine de cette initiative ? Pourquoi était-il nécessaire d’agir ?

    Elu Maire de Sauveterre-de-Guyenne en 2008 j’ai observé la quantité de reste dans les repas des enfants à l’école communale. D’un coté on mettait en place le tri et on recommandait de ne plus jeter à la poubelle les déchets fermentescibles, de l’autre on jetait de plus en plus. J’ai donc proposé au Conseil Municipal d’acheter un cochon. Un habitant de la commune, Philippe Carnielli a proposé d’héberger le cochon.

 

Un projet semblable est-il déjà mis en œuvre ? En France, en Europe, dans le monde ?

Actuellement, je ne connais pas beaucoup de commune française qui possède un cochon. Pourtant, les anciens m’ont raconté qu’autrefois, dans chaque école, chaque collège, il y avait un cochon.

 

Quels partenariats ont été mis en place ?

Nous avons en fait acheté 2 cochons. Philippe Carnielli les a hébergés. Chaque jour nous lui avons porté les restes des repas pour les nourrir. Nous lui avons donné un cochon pour l’hébergement et le service, et nous avons gardé l’autre.

 Michel Possamaï, éleveur à Gornac s’est occupé de porter le cochon à l’abattoir de Bazas afin que tout soit fait comme il faut.

Le 23 janvier dernier nous l’avons fait rôtir et nous l’avons servi à l’occasion au repas des aînés de la commune offert par le Centre Communal d’Action Sociale. Il y a avait 300 convives.

 

Devez-vous faire face à des blocages et des difficultés particuliers ? Lesquels ? Sont-ils financiers, pratiques, politiques ?

Cette année, nous n’avons pas renouvelé l’opération avec Philippe Carnielli car son élevage n’est pas agréé par l’administration. On a le droit d’avoir un cochon, mais pas deux. A partir de deux  il faut un agrément de la DSV (Direction des Services Vétérinaires). Cette année nous allons donc faire le même type de partenariat avec un éleveur de cochon d’une commune voisine.

Des opposants au projet ont fait un article dans leur journal en disant : « nous ne mangerons pas d’un cochon élevé avec les poubelles ».

Mais ils n’ont pas été entendus car le jour du repas du CCAS il ne manquait pas un convive et lorsque j’ai demandé « souhaitez-vous que l’on élève un autre cochon ? » tout le monde a répondu « oui » et a applaudi !

 

Quels sont les bénéfices de votre projet,  que ce soit dans le domaine social, économique et (ou) environnemental ?

Ce projet est un point d’entrée qui permet le dialogue entre les générations. Les anciens se souviennent comme ils vivaient et peuvent à partir de cochon raconter une histoire aux plus jeunes : les cochons, les poules, les chiens, qui consommaient tous les restes de la ferme et de la famille, les bouteilles qui étaient consignées et que l’on ramenait chez les commerçants, l’eau que l’on consommait qui venait du puits, les emballages qui n’existaient pas, etc ...

Les enfants sont motivés pour trier les déchets car ils ne veulent pas que le cochon mange des emballages.

C’est un bon support pour expliquer la chaîne alimentaire.

C’est très démonstratif !

 

Que conseillez-vous aux personnes qui souhaitent mettre en place des initiatives similaires ?

Compte tenu des règlementations en vigueur, soit il faut 1 seul cochon, soit il faut confier votre cochon à un  élevage. La seconde solution permet de nourrir le cochon pendant les périodes de vacances scolaires.

 

Champ libre, ce que vous souhaitez ajouter.

Nous avions appelé ce cochon « Napoléon » car c’est le nom d’un acteur du roman de Georges Orwell « La Ferme des Animaux »… Puis nous nous sommes aperçu que c’était une truie, nous l’avons donc appelée « Boule de Neige », c’est l’épouse de Napoléon dans le même roman !

 

J'ai rendu visite à "Napoléon", le cochon municipal, et à "Titi" son ami !
Napoléon, le cochon municipal, s'appelle Boule de Neige !

Repas des aînés organisé par le Centre Communal d'Action Sociale